Attention je vais m'ennerver! Non! Non! Pas contre vous! Contre cette société qui au nom de la politesse interdit toute provocation, tout sarcasme et humour noir!
Vous me diriez : "qu'est ce qu'elle a encore cette jeunette à
gueuler contre la société? Elle est jamais contente!"
Ba oui! j'avoue! Je suis pas satisfaite!
Bon alors que je vous raconte :
J'étais tranquille dans le rer A, l'air fatiguée comme tout bon voyageur qui se respecte et tout d'un coup, un mec entre dans le rer et se met à rapper. Le Problème? Il rappait pas. Il hurlait!!!!
C'était insupportable.. et moi, depuis toute petite, je me suis imposée une règle : ne jamais me taire et dire avec respect et tolérance ce que je pense à mon concitoyen.
Alors, observant les soufflements de la plupart des passagers, je me décide à adresser un mot à mon concitoyen hurleur.
Je lui tape doucement sur l'épaule. Il se tourne vers moi et je lui dit d'une voix douce : "salut. Pourrais tu stp rapper un peu moins fort que je puisse humainement profiter de tes mots?".
C'est alors que j'ai eu le droit à un déferlement de maux. Oui, des maux et non des mots.! Je l'ai écouté attentivement et lui ai dit que je comprenais son malheur, qu'il ne m'importait pas de le faire taire mais de me permettre de l'écouter (He oui... parce que je sais pas vous, mais moi quand on m'hurle dessus, je n'entend rien).
Il a alors exprimé son mal-être, son dégout pour notre président, pour sa politique, son malaise dans notre pays ect.
Je lui ai alors répliqué que je comprenais ces maux et qu'il n'y avait qu'une solution à son malheur, se battre, faire entendre sa voix.. et ainsi je suis revenue au sens de mon propos : "vos maux, je veux les entendre. Or les cris rendent mon objectif impossible".
Un vieu monsieur a alors pris part à la discussion. Tout cela devenait fort interessant car le dialogue devenait discussion.
Mais alors où était le problème, me diriez vous? He bien c'est simple : les autres!!!! Ceux qui hypocritement grondaient à l'intérieur parce qu'ils préféraient se taire que de dire leurs maux.
A un instant, un monsieur m'a dit : "hoo mais taisez vous. Ne permettez pas de parler à ce fou".
Alors je lui ai répliqué avec ironie :"pourquoi? les fous n'ont pas le droit de parler? vous avez un problème avec les fous peut être? Moi je n'en ai pas, surtout sachant que la folie est en chacun de nous"
He là... mes sarcasmes ne sont pas passés. Le monsieur m'a traité d'impoli.
Je lui ai alors demandé ce qui avait été perçu comme un manque de politesse dans mon propos.
Il m'a répondu par un : "la politesse mademoiselle est de ne pas tout dire à celui qui a l'age de votre père".
Haaa,
l'argument d'autorité...
Là, j'ai senti mes nerfs bouillir. He oui : quand on est jeune, manquer de respect c'est dire ce que l'on pense au vieu!!!
Alors, je lui ai dit sur un ton complaisant : "pardonnez moi cher ami de vous poussez dans vos retranchements. Mais, comme ma tante le disait en mai 68, le propre de la jeunesse est de rappeler à la vieillesse, présumée sage, qu'elle est imparfaite".
Rigolo... la jeunesse du wagon s'est mis à applaudir..
Mais ma colère ne s'est pas stoppée pour autant.. Alors j'ai souri et je suis sortie.
Bisous les loulous
ps: parce qu'il est bon de provoquer dans ce monde aseptisé, je vous joins ce beau dessin à retrouver dans le journal Bakchich














des
animaux féroces.
