La trouille, la frousse, la
pétoche, la crainte.. Appelez cela comme vous le voulez, mais
depuis ce matin je suis atteinte d'un mal horrible et
incontrôlable.
Et? Ça me ronge de l'intérieur. ça sent mauvais et ça m'fou
la gerbe. J'ai beau me doucher, me parfumer, me recouvrir de
fringues, la chocotte est là et reste.
"Mais
qu'est ce qu'elle raconte, la maboule?" Me direz vous.
C'est simple. Depuis toute petite, je me bats comme une furie
contre moi même, cette construction sociale à deux balles qui
me fait croire, comme à tous les femmes et hommes, que nous ne sont
pas pareils.
Ha
j'en sens déjà qui ont les poils tous hérissés!!!
Ba oui mes loulous, notre superbe sexe ne fait pas de nous des être
si différents. Il n'y a qu'à lire les articles de la neurologue
Vidal pour s'en rappeler. Une femme n'a en soit neurologiquement
rien de différent d'un homme. Elle est toute aussi conditionnée
socialement que son collègue de genre masculin.
Revenons à nos champignons (oui ba champignon, c'est pour les
végétariens!) : Depuis toute petite, mes parents m'ont appris à
contester sans cesse ces limites sociales: "Ha ouai tu peux pas
faire un trou dans le mur? Mon oeil!" ; "Ha ouai, tu peux pas
courir aussi vite que ton frère? Mon œil ; "Ha ouai tu peux
pas être bonne en math? Mon œil" ; Mes parents ont toujours
traités mon frère et moi à égalité.
Et, quand j'étais ado, ma mère me disait: "le loulou la bas te
plait. Ba va le voir. Quoi ça se fait pas? Mon
œil".
Le souci? hé bien l'éducation n'est point effectuée que par les parents, ça s'saurait. Et même si mes parents tentaient par tous les moyens de nous transmettre ce principe humaniste, ils restaient eux aussi hantés par les dictats d'inégalités bien encrés dans leurs inconscients. J'entends encore mon père me dire alors que je rentrais tard le soir: "Mes racines me disent de t'enfermer. Je m'saoule. Alors, j'ai trouvé un compromis : je te laisse sortir et je t'attend sur le canapé en silence, de sorte que ce n'est que moi qui suis contraint".
Aujourd'hui, je suis de nouveau confrontée à un nouvel
aléas : dans les relations sociales entre genres, y a des codes
érotisés! On offre des fleurs à un futur compagnon (des trucs morts
quand même!! Enfin bon je dis CA, je dis rien...). On ouvre la
porte à une Dame quand on est un homme (et pas à handicapé..
enfin passons). On s'exclame à une femme, sans qu'elle le veuille,
qu'elle est BONNE quand on est un homme hétéro (et pas à sa
viande). Hé moi ces trucs, ça me gonfle...
Et puis, faut savoir décrypter les sous-entendus!!! Hé moi, je suis
nulle en décryptage. J'y comprend que dalle...
Conséquence? Je suis nulle en retour. Quand j'ouvre une
porte, on croit que je drague. Quand je discute, on y entend des
sous-entendus. Quand je suis directe, on flippe. Quand on me livre
des sous-entendus, je ne vois rien ou comprend trop tard.
En fait, être perpétuellement dans une posture d'égalité avec les
autres, ça rend les choses hyper compliqués. Ça rend la tâche bien
plus difficile dès que l'on veut passer aux choses
sérieuses.
HHaaa je me sens mieux! Maintenant que j'ai râlé, que j'ai clamé la difficulté d'affirmer l'égalité, je n'ai qu'une envie: aller boire un petit verre avec un bel homme (oui ba désolé je suis hétéro... On ne peut pas être parfait), pour lui montrer que la vie sexuelle sous le soleil de l'égalité c'est hyper chaud.
Bisous les loulous











